Enfant des rues

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Enfant des rues

Message par Wandrall le Mar 21 Nov - 12:55

L’enfant courait aussi vite que ses petites jambes le pouvaient. Il prit la ruelle à gauche, puis la deuxième à droite. Il connaissait le quartier des docks comme sa poche. Son poursuivant, un homme corpulent et grand était beaucoup plus rapide que ne l’imaginait le garçon qui continua à slalomé entre les passants avec une agilité propre aux pickpockets des bas quartiers. Sa victime avait senti un mouvement dans sa poche mais il était déjà trop tard. Ilkar s’était emparé de son maigre butin. Encore à gauche puis à droite. Sans regarder derrière lui, le petit garçon savait que l’homme perdait du terrain. Ses insultes étaient moins audibles.

Au bout de la ruelle son objectif : la place du marché, elle était noire de monde, du pain béni. Ilkar se fondit dans la foule. Le garçon pris une grande bouffer d’air pour tenter de reprendre son souffle et marcher comme si de rien était. L’homme ne le retrouverai pas, Ilkar rentra donc chez lui. L’après-midi était déjà bien entamé quand il poussa la porte de l’endroit où lui et sa mère, Jorna, vivaient. Une pièce unique et sombre où était posé au sol une paillasse juste assez large pour 2 personne. Ils vivait juste en dessous du bordel où travaillait Jorna. Ilkar alluma la petite bougie qui permettait d’éclairé légèrement cet sombre pièce. Il s’allongea sur la paillasse et compta les quelques deniers qu’il avait subtilisé ce matin. Ils auraient donc une miche de pain pour ce soir. Ilkar avait connu pire.

Puis vint le jour funeste où sa mère ne se réveilla pas. La maladie et la fatigue la rongeait et c’est à l’âge de 6 ans que Ilkar fut expulser de son logement miteux, incapable de payer. Après quelques jours à errer dans les rues à pleurer, il fit la connaissance de Marcus et sa bande.
Un groupe d’enfant des rues qui semblait avoir trouvé du travail pour manger correctement et dormir dans un endroit sec. Un homme mystérieux chapotait ce regroupement de voleurs de rue : « Le Juste ».

Les enfants conduisirent Ilkar dans les égouts de la ville. Après une longue marche dans les méandres sombre et humide de la ville, ils arrivèrent dans une alcôve éclairée de torche. Des lits sommaires était éparpillé, c’était un dortoir. Un homme, celui-ci d’une trentaine d’année, était assis à une table en train de griffonner des notes et des chiffres. Il se faisait appeler Jimmy et il semblait être celui qui commandait ici. Il accueilli Ilkar avec bienveillance et lui montra où il dormirait. Les enfants travaillaient ici en équipe pour être plus efficace. Ilkar n’en avait pas encore conscience mais il avait mis le pied dans la guide des voleurs la plus importante de Kordova : la guilde des Moqueurs.
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Wandrall

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Re: Enfant des rues

Message par Wandrall le Mar 19 Déc - 14:13

Quelques années plus tard …
« Et si on te défiait de sauter d’une tour, tu le ferais aussi ?! »
« Mais le garde roupillait !! Et Rob m’aurait donné le double de ce que j’aurais réussi à voler !! » se défendit le garçon.
Jimmy se rappela du petit qu’il avait accueilli il y a 5 ans et l’avait pris sous son aile lui apprenant les astuces de la rue et les planques. Il lui apprit aussi à lire et à écrire. Ilkar n’aimait pas ça, mais Jimmy se montrait inflexible. « Un voleur idiot, ça ne vit pas vieux, alors fait ce que je te dis !! ».

Il avait grandi d’au moins 2 têtes depuis leur première rencontre. Il avait les mains agiles et déjà la langue bien pendue. Un potentiel certain pour devenir un bon voleur mais il était encore trop prévisible et sa manie à toujours relever les défis de ses rivaux l’avait conduit ce soir-là à détrousser un garde en faction.
« Ils t’auraient coupé la main dans le meilleur des cas » soupira Jimmy.
« Mais non, je m’en suis tiré comme d’habitude. Ils sont gras et … aie !! » Ilkar n’eut même pas eu le temps de finir sa phrase que Jimmy lui avait coller une claque derrière le crâne.

Les rue de Kordova était sans pitié, surtout pour les plus jeunes qui luttent jour après jour pour manger. Mais la bonne étoile du petit garçon l’avait mis sur la route d’un homme aguerri et bienveillant. Ilkar le considérait un peu comme un oncle sévère mais juste.

Le petit Ilkar avait laissa peu à peu place à un beau jeunes hommes de 17 ans. Ses quelques coups d’éclat lui ont permis d’obtenir peu à peu une sorte d’indépendance vis-à-vis des Moqueurs. Mais il n’avait aucune ambition concernant son ascension dans la hiérarchie de la guilde. Il s’était rendu compte qu’avec moins d’effort, il pouvait gagner bien plus. Gagner la confiance de ses victimes lui prenait beaucoup plus de temps qu’un petit vol à l’arraché. Mais c’était bien plus lucratif. Et puis … pourquoi courir après son larcin quand, par des sourire et quelque mot bien senti, votre cible vous donne elle-même son argent. Les leçons du vieux Jimmy prenaient tous leur sens maintenant.

Le mode opératoire respecté tout le temps le même schéma rodé par la jeune expérience du gamin des rue : une fois la somme voulue acquise, les victimes voyaient soudainement le jeune homme disparaitre pour ne plus laisser de trace. Les interrogations laissaient peu à peu place à la colère … puis la résignation puis l’oubli.
Pour Ilkar, il s’agissait de rester cloitré ou du moins ne pas fréquenter le même milieu que ces dernières cibles profitant de la grande Kordova où tous se croise sans jamais se voir. Combien de filles de marchands, de téméraires voyageurs et d’héritiers avait-il berné ? Surtout les jeune femmes … Dès qu’elles tombent amoureuse, ce n’est plus qu’une question de temps. Hors Ilkar était devenu un maitre du verbe et de la bonne manière. Ilkar n’avait pas prévu qu’un père voyant sa fille pleurer n’oublie jamais le responsable.

Pendant des mois, Ilkar se faisait passé pour un garçon de la petite noblesse. Il s’était dégotté de beaux vêtements et faisait la cour à Carline et mangeant à la table de son père Kaspar. Carline n’était pas belle et encore moins intelligente. Elle ne représentait rien pour le garçon des rues qui s’ennuyait ferme en sa compagnie. Son père, par contre, était riche et charismatique. Il a fallu longtemps pour obtenir sa confiance mais il avait finalement pris Ilkar en affection. Mais finalement, le jeune homme pu vivre confortablement grâce à son « beau-père » feignant l’intérêt pour la précieuse fille de Kaspar.
Puis arriva le moment où il fallait disparaitre, sans laisser de trace…
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Re: Enfant des rues

Message par Wandrall le Mer 28 Fév - 16:33

Ilkar avait maintenant un logement tout à fait convenable en plein centre d’un quartier bourgeois de la capitale. Vivant des deniers soutirer à sa « belle-famille », il s’en était tiré avec un sacré magot. Il observait d’un air satisfait l’effervescence du quartier commerçant.

Il ne pouvait plus revenir chez les Moqueurs … vivre dans une cave humide comme un rat. Il avait déjà donné. Non il avait de quoi vivre quelque temps dans l’oisiveté la plus total. Il était d’autant plus crédible dans sa fausse identité de nouveau riche, maintenant qu’il avait vraiment de l’argent. Se forgeant un cercle d’ami, se rendant dans les bordels les plus luxueux et savourant les vins les plus exotiques.

Mais lors d’une nuit de débauche, un petit garçon vint lui tirer la manche de sa tunique.
« C’est Jimmy, qui m’envoie » chuchota le petit à l’oreille d’Ilkar. « Kaspar veut ta peau et il y a mis les moyens. »
Ilkar se figea, malgré son esprit embrumé par l’alcool il réfléchissait autant que possible à une solution. Hommes et femmes de bonne famille riaient et buvaient en toute quiétude à des lieux de se douter que leur « ami » n’avait plus du tous les mêmes préoccupations que lui.

Rappeler par son passé, il se leva sans un mot et quitta l’auberge. Machinalement il rentrait chez lui. S’arrêtant soudain devant un puit, en tira un saut d’eau et se le versa entièrement sur le visage. Cela eu le mérite de lui rafraîchir les idées.

« Ils sont peut-être déjà chez moi à m’attendre … » se disais le jeune homme. Il voulait en avoir le cœur net avant de fuir. Au coin de la rue, il jeta un bref coup d’œil sur l’entrée qui menait chez lui ainsi qu’au balcon du premier étage. Rien.
Il prit une lente inspiration et entra à pas de loup chez lui. Tout était en ordre, pas de bruit. Ilkar rassemble quelque affaire dans un sac à la va-vite, le strict nécessaire. C’est au moment où s’apprêtais à passer le pas de la porte qu’il entendit plusieurs hommes arriver dans les escaliers qui mener à son logement. Au moment de refermer la porte il croisa le regard d’un de ses hommes. Cet instant lui suffit pour comprendre qu’ils étaient là pour lui.
Tentant de barrer la porte rapidement avec ce qu’il pouvait, il se précipita à l’arrière de l’appartement. Au premier étage du bâtiment la chute ne serait pas fatale.
Quand les gros bras vinrent à bout de la porte, Ilkar avait déjà sauter en contre-bas se rattrapant comme il pouvait pour amortir sa chute.
Par miracle, il en sorti indemne et il se dirigeait maintenant vers les docs au pas de course. La nuit était bien entamée déjà, iIlkar irait proposer ses services sur le premier bateau en partance. Peu importe la destination, il fallait quitter cette ville définitivement.
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