L'Ermite de la Montagne

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L'Ermite de la Montagne

Message par DjagoKhit le Ven 13 Oct - 4:06

- Prologue -


Musique d'ambiance:


Un vent brûlant s'abattait sur le corps à l'étincelle de vie chancelante sur la croix, les vautours qui avaient élus domiciles sur les édifices commençaient à vouloir s'attaquer à la chose alors aux portes de la Mort quand l'ombre noire survint, décrochant de son destin funeste la pauvre carcasse fragile de son échafaud. Prenant ce qui s'avérait être une jeune femme sur ses épaules, l'étrange silhouette fît machine arrière, retournant de là où elle est venue : Le désert.

Plusieurs heures s'étaient écoulés depuis le décrochage mais la vie de la nouvelle exilée n'était pas sortie d'affaire. En effet, celle-ci avait besoin d'eau, de nourritures, de soins, de repos. Mais il continuait à avancer, quand il rencontrait une menace, il laissait choir sur le sol la prisonnière malingre avant de dégainer, reprenant aussitôt sa route une fois le travail terminé. Il était étrange de voir ce ballet se faire, entre deux tourbillons sablonneux sur le sol, on y trouvait les bottes de l'étranger qui avançaient d'un pas lent mais assuré, traversant la partie la plus aride du désert, non sans s'arrêter un bref instant pour forcer sa nouvelle charge à boire quelques gorgées de sa gourde d'eau.


Et pourtant, avec une force que l'on trouverait nul part ailleurs, il avalait les kilomètres jusqu'à arriver à la tombée de la nuit dans une cavité abandonnée, en bordure de l'ancienne barrière spectrale pour s'y reposer. De là, il aurait crût voir les yeux de celle qui lui servait de sac s'ouvrir, mais tout ce qu'elle aura pu voir et oublier, c'était un visage masqué, ne laissant aucunement passer le sable insidieux, mais ce bref instant le poussa à prendre un peu plus au sérieux la vie de cette femme. Il avait mis en place un feu de camp assez sommaire et avait mélangé dans une pierre suffisamment creuse ce qui semblait être des graines, des baies et quelques herbes, mélangeant ceci à de l'eau des grandes cascades pour rendre ça buvable assez facilement. Cela n'avait rien de reluisant pour un premier repas, mais il était facile à avaler. Il la fit manger consciencieusement, prenant garde à ne pas l'étouffer, mais l'épais manteau sombre seulement éclairer par l'astre lunaire était plus que menaçant alors que les grondements typiques des félins des environs se faisaient entendre tout autour de lui.

Laissant reposer la tête de la jeune femme alors allongée sur son sac, il se redressa tout en saisissant une branche embrasée de son feu de camp, la balançant vers les bruits assourdissants. Une fraction de seconde suffit pour voir les yeux étincelants des panthères noires, prêtes à bondir, le lancement de la torche marquant le départ de leur attaque. Dégainant son arme à la hâte, la première panthère s'élança pour le plaquer au sol, lui arrachant son épée au passage. Avec toute la force possible, il agrippait au mieux la gorge de l'animal pour le forcer à reculer, voyant les crocs acérés passer à quelques centimètres de son masque, l'haleine fétide venant le prendre de plein fouet malgré celui-ci. La situation était désespérée mais sa réussite n'était pas impossible, il réussit à garder assez de sa force dans sa main prédominante pour laisser l'autre palper sa ceinture, une fine dague sortant de son fourreau pour se planter directement dans l'œil du félin. Son assaillant s'arrêta net, électrisé par cette attaque fatale, s'écrasant sur le côté, mais la bataille n'était pas finie, une seconde panthère, plus frêle avait assistée au combat sans y participer, laissant la dominante s'en charger, néanmoins, au vu de la situation, la fuite fût la réaction la plus intelligente lorsque l'ombre, désormais tâché de pourpre se relevait. Il est si rare de voir la faune perdre son attitude belliqueuse...


Cette mésaventure aura permis un bon repas pour la suite du voyage, le porteur laissant une bonne partie de la carcasse aux hyènes pour reprendre sa route au petit matin. Il avait fait a peine cinq bons kilomètres que la fraîcheur se faisait déjà sentir, ce qui avait pour effet de vivifier le poids qu'il portait, celle-ci tremblait, étant encore totalement nue mais cela ne l'arrêta pas, il continuait inlassablement sa route jusqu'à atteindre son lieu-dit, son fief, son ermitage. Elle était perchée sur une falaise à flanc de montagne, non loin de la barrière spectrale, sa maison plutôt confortable était fermement gardée par un voisinage plus que... douteux, ce qui avait pour effet de faire fuir les plus couards pour son plus grand plaisir. Enfin chez lui, ce qui n'était qu'une ombre révéla son visage aux yeux de l'invisible.

Personne ne l'avait vu, tout le monde l'avait vu. Légèrement barbu, blond, les cheveux rasés sur les côtés du crâne et une balafre au visage. Voilà tout ce qu'on avait de lui, d'Ostharoth l'ermite. Pourtant beaucoup connaissaient l'histoire de l'ermite, ou du moins ce qu'il faisait. Décrochant les damnés de la Croix, les aidant au minimum avant de leur demander de partir et de ne plus jamais revenir, on ne savait rien de plus. Même si ceux qu'il a aidés ont écopés d'une arme de sa fabrication personnelle, faites d'un métal choisi en fonction de la personne. Un brise-crâne, une épée de glace, une dague d'acier, nombreuses sont les déclinaisons, pourtant, elles étaient uniques. De par leurs aspect, de par la passion qui ont été insinué en elles, elles étaient différentes et avaient toutes un nom, choisi par l'ermite avant que l'exilé ne parte définitivement de chez lui.

Certains ont cherchés à le rencontrer, en vain, même les rescapés du désert qui l'ont rencontrés et qui savent où il se trouve refusent à tout prix de montrer l'emplacement de sa chaumière. Les mystères sont parfois moins dangereux quand ceux-ci ne sont pas résolus...
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Re: L'Ermite de la Montagne

Message par DjagoKhit le Dim 15 Oct - 12:18

- Chapitre I : Montagnard -


Le brasero qui servait à éclairer la pièce principale de l'antre de l'ermite crépitait depuis déjà quelques heures alors qu'un lit de camp avait été installé dans un recoin pour accueillir la cimmérienne tout juste descendue de sa croix. Ses jours n'étaient plus en danger après un traitement promulgué, elle dormait à poings fermés et la nuit tombait à nouveau sur les terres désolées du Nord.

L'heure du repas était passée depuis longtemps quand elle ouvrit les yeux, elle se sentait perdue, ankylosée par la fatigue et l'épreuve qu'elle a surmontée sans le savoir mais la première chose qu'elle vit, c'est un plafond de bois brut, presque rassurant après avoir été cloué au beau milieu du désert. Elle redressa lentement son buste qui se découvra, la couverture de fourrure tombant jusqu'à son ventre et ce sont les coups de marteaux, lourds et jusque là bien silencieux qui la fit sursauter, la faisant se retourner pour en déceler la source.

De là, elle aperçut le fameux, l'ermite qui, éclairé subtilement par le foyer de sa forge était en train modeler une arme entre l'enclume et le marteau. Il releva lentement la tête, la luminosité bien placé venant souligner les traits les plus brutaux de son visage et laissa son geste en suspend.

- "Enfin réveillée." s'exprima t-il d'une voix rauque, graveleuse, forgé par l'alcool ou l'âge mûr.

- "Où suis-je..?" répondit t-elle du tac-au-tac, remontant par ailleurs la fourrure jusqu'à sa poitrine, pudique.

- "Tu te trouves chez moi, et accessoirement... Bienvenue. Bienvenue dans la plus grosse prison à ciel ouvert que nous ayons jamais connu. Je ne sais pas ce que tu as fais pour mériter l'exil, mais cela n'a plus d'importance je présume..."

- "Une prison..?" elle posa alors le regard sur le bracelet qui était scellé à son poignet, lui serrant légèrement celui-ci.

- "N'essaye pas de l'enlever, tu mourras dans d'atroces souffrances, la sorcellerie hante ces lieux, personne ne peut sortir d'ici... Il faut juste vivre avec."

Elle resta muette pendant un instant, ne sachant pas quoi répondre à tout cela. Néanmoins, une question la turlupinait.

- "Je sentais le souffle brûlant du vent sur mon visage, mais à mon réveil ici... j'ai froid.. Pourquoi ?"

Il marqua une pause, laissant tomber son ouvrage pour s'approcher, exhibant sa grande taille par rapport à elle.

- "Tu te trouvais à l'orée du désert, tout au Sud d'ici, je t'ai ramené chez moi, dans le Nord pour te sortir de là. Néanmoins, ne prend pas mon aide comme acquis. Tu trouveras une tenue, une arme et quelques outils, tu vas m'aider quelques temps, puis... tu partiras une fois que je t'aurais donné quelque chose. Et tu ne reviendras plus jamais ici, tu seras prête à vivre seule. Nous nous sommes compris ?"

Elle déglutit légèrement, se penchant pour aviser le coffre avant de se relever, commençant à enfiler la tenue qui s'y trouvait qui n'était en soi qu'un manteau de fourrure, de bonnes bottes, des gants tout aussi chauds et un pantalon fait de laine de moutons sauvages pouvant errer dans cette partie des terres d'Exil. Une fois cela fait, elle se sentait plus en confiance, trouvant également dans le coffre une ceinture de cuir et de quoi se défendre.

- "Si c'est votre règle... d'accord. Je vous dois la vie après tout..."

Après ces quelques mots, l'ermite hoche de la tête en réponse, lui faisant signe de suivre alors qu'il lui faisait visiter brièvement sa maison. Elle était faite de bois, on y trouvait peu de décoration, juste le nécessaire. Néanmoins, en montant à l'étage, ils croisent une jeune femme, le buste nu. Celle-ci s'incline, à l'odeur, elle sent le souffre, le chaud.

- "Voici Sterna, c'est ma... mon apprentie en quelque sorte. Elle est muette. Elle m'aide quand il s'agit de faire fondre les minerais que je veux travailler. Ses mains sont aussi faites pour aider à la forge."

Après ces quelques mots, il continue sa montée, la jeune femme descendant, laissant la Cimmérienne derrière l'ermite sans plus d'explications, semblant habituée au ballet qui se passait actuellement. De là, l'étage était assez sommaire, on y trouvait la chambre de l'ermite, un balcon et une réserve.

- "Prend ce qu'il te plaît mais à ton départ, il faudra que tu laisses un équivalent de ce que tu as pris."

Son monologue n'ayant que trop duré, il montre rapidement les pièces avant de redescendre à la pièce principale.

- "Merci encore en tout cas Montagnard pour ce que vous faites."

- "Ermite me va, mais Montagnard n'est pas faux comme nom... Enfin. Je ne fais que ce que tout le monde devrait faire. Mais après ça, n'oublie pas, je ne veux plus te voir."
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Re: L'Ermite de la Montagne

Message par DjagoKhit le Lun 16 Oct - 13:08

- Chapitre II : Frimas -


Cela faisait déjà plusieurs jours qu'Adamelia avait élue domicile chez l'ermite, sur le simple lit de camp qui trônait au beau milieu de la pièce la plus grande de sa maison de bois. Il ne la ménageait aucunement, lui apprenant lors de divers sorties les dangers de ces lieux bien qu'elle partait avec une connaissance de base assez riche en tant que chasseuse dans les plaines et les vallons. Ils partaient le matin à l'aube pour ne revenir qu'au crépuscule, profitant de la soirée pour forger ou tanner le cuir qu'ils avaient récoltés. Le cheminement était assez banal, Adamelia savait qu'il y avait autre chose mais son silence était plus respectueux qu'autre chose, ne voulant pas froisser le montagnard.

C'est lors d'une énième sortie qu'il lui dit de saisir une lance qu'il avait forgé, en acier simple. Au vu de son regard, elle avait intérêt à savoir s'en servir. Ne prenant pas la peine de lui dire ce qui allait se passer, il lui fit un signe de tête, lui intimant de se diriger vers la porte, Ostharoth portant également une lance, bien plus travaillée par ailleurs. Refermant la porte derrière eux, la jeune femme restait perplexe, suivant simplement l'homme qui descendait la montagne où il avait élu domicile pour se diriger vers le village de la Nouvelle-Asgardh.

Ce n'est qu'en arrivant sur un petit col qu'elle aperçut la proie que voulait Ostharoth, des mammouths immenses, engraissés par les terres fertiles, vêtu d'un manteau de fourrure d'une bonne vingtaine de centimètres, si ce n'est plus, erraient tout autour du village. L'homme décrocha sa lance de son dos, la plantant au sol en jetant un œil derrière lui, la fixant un moment. A cet instant, elle savait qu'elle aurait besoin de toute ses capacités. Était-ce un test ? Peut être. Toujours est-il qu'après ce bref moment de calme, il se redresse, reprenant son arme pour pointer un de ces immenses pachydermes qui se trouvait curieusement seul.

La situation était clair pour l'ermite, beaucoup moins pour la jeune femme. Il fallait tuer cette bête en tournant autour d'elle, tout en prenant garde aux défenses, à la trompe et au piétinement. Le terrain n'était toutefois pas propice, celui-ci formait plus une cuvette qu'une surface plane.

- Il va falloir le faire s'effondrer, ou l'attirer dans un lieu plus à plat. Prépare une torche avec ce que tu peux trouver, on va lui faire peur pour ça.

Hochant vivement la tête, elle commence sa récolte, fibres, une branche assez résistante et de quoi l'allumer. En une dizaines de minutes, elle avait déjà le tout mais elle ne voyait plus le montagnard. Elle hocquette, surprise, se tournant dans tout les sens pour le chercher du regard mais aucune trace. Soudainement, le mammouth alors si calme voir amorphe se met à gronder, remuant sa trompe, assez vindicatif avant de ruer en la direction de la Cimmérienne. Prise au dépourvue, elle se précipite alors au plus vite pour lui échapper, laissant tomber au passage sa lance qui finit brisée par l'énorme patte de l'animal. Courant à une vitesse effrénée, elle n'arrivait toutefois pas à semer la bête qui la rattrapait de plus en plus. Toutefois, la puissante course de l'animal fût ralentie, elle prit à peine le temps de se retourner, se précipitant plutôt vers une cavité rocheuse où elle serait à l'abri.

De cette cachette de fortune, elle se redressait, à moitié couverte de la boue qui s'y trouvait pour apercevoir l'ermite, piquant de sa lance l'immense bête tout en veillant à tourner autour d'elle, cherchant à la déséquilibrer. Le terrain pentu ne permettait pas au mammouth de prendre appui convenablement, et le risque qui était très grand le fût d'autant plus quand la bête s'effondra sur le flanc. Ce moment de faiblesse était important et il fallait absolument qu'elle lui vienne en aide. S'armant de sa dague,
elle sortit de sa cachette alors que le montagnard essayait tant bien que mal de faire succomber la proie, elle se précipita jusqu'à la tête de l'animal longeant sa défense pour ne pas être transpercée pour enfin venir déchirer du mieux qu'elle le peut la jugulaire, un flot de sang venant frapper de plein fouet les vêtements déjà boueux.

Quelques minutes passent alors que l'animal s'agitait toujours, l'ermite transperçait de part en part les parties les plus vitales alors que les forces du pachydermes s'évanouissaient pour enfin rendre son dernier soupir non sans une dernière agitation qui manqua de faire trébucher Ostharoth. La cimmérienne quant à elle s'effondra au sol un peu plus loin, épuisée par cet instant. Un long silence suiva ce moment de battement avant qu'ils ne reprennent inconsciemment le travail, dépeçant, taillant dans la chair ce dont ils avaient besoin. Il n'y avait aucun doute que l'ermite avait attisé la bête, elle le savait, et elle savait qu'elle avait échouée en quelque sorte en fuyant ainsi sans son arme et sans affronter l'adversité. Comme il lui avait dit une fois, en rentrant de la chasse : "Se préparer au pire est une autre manière de dire survivre". Foutu ermite.
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Message par DjagoKhit le Mer 18 Oct - 1:50

- Sous-Chapitre I : Cauchemars -


Une douleur à la poitrine s'emparait peu à peu du sommeil d'Ostharoth, alors plongé dans un sommeil léger, perturbé par des maux invisibles. La pluie battante, venant faire voler les volutes de fumée des braseros rendait l'atmosphère peu à peu irrespirable malgré la fraîcheur des lieux. Lentement, les murs fondaient autour de lui sans qu'il en ai conscience, le tout se déformant pour ne devenir qu'un tableau noir.

Il se sentait flotter dans une mélasse informe, brûlante, dérangeante. Tout son corps tremblait, saisi par la puissance de ce qui l'attendait mais pourtant la peur ne l'hantait pas dans cet état de stase. Il était soumis à ces monstres venus tout droit de sa propre imagination depuis déjà dix ans. Alors qu'il prenait conscience dans ce cauchemar lucide, les ombres s'emparaient déjà de son corps, lui faisant ressentir cette lourdeur si puissante contre son torse. On les appelait les visiteurs de la nuit, il les sent, il les voit. Il les sens s'approcher de lui, le regarder, palper son torse avant de prendre appui, ses genoux venant forcer contre sa poitrine pour ensuite l'étrangler de ses doigts griffus. Avec tout les efforts du Monde, il ne pouvait rien. Crier ? Il est seul. Bouger ? Impossible. Il est plongé entre la nuit et le sous-monde, entre l'affreux et le paisible, il ne peut rien.

Il s'éveille d'un bond, le brasero luisant dans un coin de la pièce, ne reflétant que l'ombre de l'ermite contre la surface du bois. Il est seul.
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Re: L'Ermite de la Montagne

Message par DjagoKhit le Mer 18 Oct - 13:42

- Chapitre III : Départ -


Le marteau faisait s'ébranler les bibelots autour de la forge d'Ostharoth ce jour là. Après de moult sorties, elle était prête à affronter seule le Désert, le Nord, le grand froid voir bien d'autres choses qu'il n'a pas pu lui avouer. Les lueurs du crépuscule profilaient la lance qu'il lui avait faite, cette fois plus résistante que la précédente. Elle avait une allure particulière, presque semblable à celle de l'Ermite mais il avait laissé là sa patte d'artiste. On y retrouvait des gravures abstraites, représentant sans trop le vouloir le froid, la glace, des runes semblables à celles que l'on trouve dans les ruines désolées. Il avait un nom pour elle, le processus était enclenché. Il s'affubla de sa plus belle tenue de fourrure pour descendre jusqu'au camp d'Adamelia qu'elle avait installée sur une île, cela faisait quelques jours qu'elle avait pris son indépendance, et tant mieux pour elle. Dans une dernière précaution, il enroula la lance qui sera sienne bientôt dans une peau résistante, cinglée par une corde tressée pour la protéger. Après cela, il fit route jusqu'à chez elle, dévalant sans trop de peine l'angle monstrueux de sa montagne.

Il fût surpris lorsqu'il arriva de rencontre une jeune femme qui partageait le feu d'Adamelia. Ce n'était pas Ylmar la forgeronne mais une certaine Mila, une "danseuse vagabonde". Alors qu'il déposait devant Adamelia le cadeau qu'il fait à chaque exilé qu'il a pu rencontré, la blonde se faisait curieuse bien que muette, déposant son œil sur tout l'ermite, semblant vouloir le décoder.

- "Elle s'appelle Frimas." dit-il à son ancienne protégée.

- "Et.. pourquoi ?" rétorqua Mila avant qu'Adamelia ne puisse répondre, bien qu'elle portait également cette interrogation au fond d'elle.

Il prit un instant pour réfléchir, cherchant ses mots. La brise se faisait froide, il s'installèrent donc auprès du feu avant qu'il ne puisse reprendre.

- "Le Frimas, c'est... le brouillard persistant, glacial. Quand tu tuera ton ennemi avec, il ressentira ce froid s'emparer de lui, et il restera au sol, tout comme le Frimas."

Sa réponse bien que poétique avait une vraie signification pour lui, Adamelia accueilli avec plaisir ce cadeau tout en sachant ce que cela coûtait, mais elle acceptait sans rechigner ce que le montagnard demandait. Ils discutèrent un temps, Mila ne manquant pas de demander d'où il venait, mais la cimmérienne prit la parole, expliquant d'hors et déjà qu'il sera inutile pour elle de demander, tout le principe d'un ermite est de rester seul. Cela ne manqua pas de donner un rictus à la danseuse, visiblement bien décidé à tout de même venir lui rendre visite.

La nuit passa avec des discussions diverses, l'aube venait alors quand l'ermite souhaita partir, il s'éclipsa sans trop de manières, laissant les deux femmes discuter entre elles. Toutefois, il prit soin de ne pas prendre le chemin précédent, faisant un lacet suffisamment grand pour ne pas être pisté aussi facilement, qui sait ce qu'elle peut lui vouloir... Quelques heures passèrent, l'ermite profitait d'un moment de paix pour lui et lui seul quand on frappa à la porte. Dans un soupir non retenu, il avait cette idée saugrenue que la danseuse serait derrière, et cela n'a pas loupé. Il ouvra, la trouvant plantée là avec un rictus satisfait.

- "Bouh." fit la vagabonde, mesquine.

- "Et donc ?" répondit aussitôt l'ermite, presque blasé de cette intervention.

- "Et donc rien."

La réponse fût claire, nette et précise, d'un geste de la main, la porte se referma droit contre son nez. Ce n'est pas aujourd'hui qu'elle sera acceptée ici.


Dernière édition par DjagoKhit le Sam 18 Nov - 23:16, édité 1 fois
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Re: L'Ermite de la Montagne

Message par DjagoKhit le Mer 18 Oct - 18:00

- Chapitre IV : Elle -


Désormais seul comme à l'accoutumé, l'ermite partait faire du repérage et prélever un peu de viande à la faune sudiste. Il n'était pas rare qu'il parte ainsi en voyage quelques jours, mais il ne s'agissait là que d'une journée entière. Préparant sa besace et sa lance ainsi qu'une tenue plus adaptée, il se dirige vers les grandes cascades, brèche la plus proche de chez lui. De là il trouvait encore cette curieuse pancarte et ces ascenseurs, mais ce qui l'intéressait bien plus était l'éléphant coincé qui essayait de se dépêtrer d'une pierre.

Saisissant sa lance, il fît le tour de l'animal, le piquant à chaque fois dans le but de l'affaiblir jusqu'à le voir tomber. Jusque là, pas de surprises, ce n'est pas la première fois qu'il chassait du pachyderme. Préparant sa hache et sa dague pour dépecer à même le sol la bête, c'est un bruit de pas derrière lui qui le poussa à feindre l'indifférence. Il continuait son œuvre quand une voix féminine s'éleva derrière lui.

- "Pour un chasseur, vous n'avez pas l'ouïe fine, n'importe quoi aurait pu vous tuer" dit-elle avec un sentiment non camouflé de satisfaction.

- "Je vous ai entendu." répond-t'il tout en continuant son ouvrage, se redressant enfin pour l'observer.

Elle avait une simple tenue de peau mais un visage fin, ceux qu'on retrouve dans la noblesse. La peau hâlée, métissée par le soleil et sa généalogie, elle avait tout d'une belle femme et elle s'en doutait. Il passa les pièces de viandes dans sa besace tout en s'approchant. Une brève discussion s'annonça, des présentations futiles, par ailleurs, il n'a pas réussi à lui extraire son nom. Il vint un moment où l'ermite lui demandait depuis quand elle était ici, car il ne l'avait jamais vu auparavant. Elle n'était pas dans les environs depuis aussi longtemps que lui en tout cas. Mais il n'avait pas la prétention d'écouter au mieux ce qu'elle disait, se penchant plutôt sur le galbe de ses courbes, reprenant ensuite son sérieux.

Ils discutèrent longuement sur des sujets controversés, l'esclavage, la nature de ces terres mais la nuit pointait. Sans réfléchir, il dit alors :

- "Je dois retourner en ma demeure, viendriez vous ?"

Elle hocha simplement de la tête, ne semblant pas plus préoccuper que ça.Ils firent route ensemble jusqu'à la maison de l'ermite où elle se précipita vers le premier brasero. Le froid l'avait saisi au vu de sa tenue, le montagnard l'avait bien vu et allait aussitôt chercher une tenue de fourrure tout en lui proposant de se changer à l'étage. Mais il semblerait que la pudeur ne soit pas de ses mœurs, elle se changea dans la pièce principale, sans même se préoccuper de si il pouvait la voir ou non. Elle portait les courbes des plus belles femmes avec dignité, c'est du moins ce qu'il a pu apercevoir alors qu'il sortait une bouteille de jus de baie des hautes terres du vaisselier pour lui apporter. Il profita ensuite de l'instant pour ranimer sa cheminée, ôtant pour sa part son haut pour être plus à son aise, s'installant sur l'une des chaises où la discussion reprit tranquillement.

Avant son départ qu'il avait estimé précipiter tant le temps avait filé malgré qu'il s'était écoulé une bonne demie journée, il lui fît don d'une arme. Elle savait ce que cela voulait dire, mais la réponse de l'ermite fût assez.. troublante.

- "Elle n'a pas encore de nom, vous pourrez revenir."

- "Si nous devons nous rencontrer, c'est vous qui viendrez à moi..."

- "Ce n'est pas dans mes habitudes." rétorqua t-il sans obtenir de réponses alors qu'ils se relevaient.

L'épée qu'il lui avait donné était faite de glace noire, un mystérieux procédé dont l'ermite gardait le secret lui a permis de rentrer une fois de la chasse avec plusieurs exemplaires. Néanmoins, aussi curieux que cela puisse paraître, les êtres humains ne ressentent pas la douleur de sa lame, la glace noire se brisant presque aussitôt au contact de la peau des hommes. Peut être fallait-il l'utiliser à bon escient, toujours est-il qu'il espérait qu'elle en fasse bon usage alors qu'elle s'éloignait de la maison de sa démarche chaloupée.
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