Présentation Aisum Sath

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Présentation Aisum Sath

Message par Aisum Sath le Lun 7 Mai - 21:23


Nom du personnage :
Aisum Sath

Age :
Âge exact inconnu, entre vingt-trois et vingt-six ans.

Peuple :
Métis Brythunienne/Hyrkanienne, de culture et d'éducation Brythunienne.

Religion :
Inconnue

Description physique :
De taille moyenne pour une femme, sa corpulence est fine, tout du moins bien trop pour une personne sensée survivre dans un monde sauvage. Sa chevelure d'un blond très clair, presque platine, typique des femmes Brythuniennes, encadre un visage aux traits métissés par son géniteur Hyrkanien. Ses pommettes hautes, presque saillantes, relèvent des yeux d'un gris semblable à l'acier. Son visage exotique rend difficile toute définition de beauté s'il fallait en juger, mais elle n'en demeure pas moins marquante.
Une balafre nette, récente, vient suivre la courbe de sa mâchoire, du côté droit. Quant au reste, rien ne demeure visible.

Caractère (grands traits):
Pour Aisum, chaque individu croisant sa route est une opportunité pouvant servir ses desseins, bons ou mauvais. Ces derniers étant simples : s'assurer de survivre, sans qu'aucune forme de morale ne vienne intervenir dans son jugement.
Qu'importe l'attitude qu'elle adoptera, cela ne sera jamais dû au hasard. Et elle privilégiera toujours d'agir dans l'ombre de ses pairs, tirant des ficelles qu'elle seule percevra.
Egoïste, manipulatrice, sournoise et calculatrice, Aisum peut être la meilleure alliée comme la pire ennemie. Tout dépend de quel côté l'on souhaite se mettre.
La seule chose qui déterminera ses actes vis à vis de ses congénères sera leur propension à l'aider à survivre.
Elle exècre l'alcool et les substances avilissantes, s'adonne volontiers à des jeux d'esprits ou de stratégie, aime se cultiver et, malgré tout, apprécie d'échanger régulièrement avec ses pairs.


Son histoire avant l'exil :

(Ambiance appropriée pour cette lecture)


Un pas de plus…

… Ce sable…
Je n’en peux plus de ce sable…
Il s’insinue partout.

Un pas de plus…

Mes jambes me tirent…
Je serre la mâchoire sous la douleur. Les grains de sable crissent entre mes dents. Je n’essaie même plus de saliver pour les éructer, ma bouche est trop sèche pour ça…

Un pas de plus…

J’entend le cheval qui me précède trébucher en haut de la dune que l’on gravit. Son mouvement abrupte accentue la tension de mes liens qui me rattachent à lui, et je vacille à mon tour.
Je manque de tomber. A la place, je m’enfonce encore davantage dans le sable, jusqu’aux chevilles.

Un pas de plus…

On surplombe la zone, à présent. Je ne relève même plus la tête pour regarder alentours.
Mes yeux supportent à peine le reflet de l’astre sur les dunes, et ses rayons frappent sur ma nuque tel un tortionnaire bien trop avide du fouet.

Un pas de plus…

… qui finit en chute.

Mes genoux flanchent lorsque je passe le col de la dune. Mes mains ligotées tentent vainement d’amortir ma chute, mais je dévale la pente malgré moi. J’entend le cheval de mon bourreau hennir lorsque la corde se tend, interrompant ma dégringolade.
Face contre terre, le nez et la bouche encombrés de sable qui me font cracher mes poumons, manquant de m’étouffer, mes bras refusent cette fois-ci de me relever.
Mon corps n’en peut plus. Il me brûle, me tire. Il me hurle presque de me laisser crever au creux de cette vague figée, houle mortelle de cet océan aride.
C’est déjà un miracle que j’en sois arrivée là. Je ne suis pas faite pour supporter ça. Ce pays où tout semble être fait pour m’achever...
La chaleur m'exècre. Je pleure mes contrées septentrionales et leurs vallées balayées par les vents..
Et l’effort continu… Marcher à n’en plus compter les jours… Ce sont les autres qui s’arrachent les jambes de la sorte. Pas moi.
Je tente une nouvelle fois de me redresser, mais mes bras refusent de me répondre. Je jure entre mes dents serrées.
Les Khotiens.. Je damnerai mon âme dans l’instant pour maudire toutes celles de ces esclavagistes d’un autre âge. Ces sauvages dont le royaume décadent n’est que le reflet de leur incapacité à demeurer réellement civilisés.
Sans eux, je n’en serai pas là. J’avais tout, strictement tout pour ne jamais finir ainsi, à avaler du sable stygien par poignées, jusqu’à l’étouffement.
Et pourtant…
… Pourtant les dieux avaient sévèrement pipés les dés de mon destin dès le départ. Une envie malsaine de me voir en baver, peut-être.

Les guerres façonnent le monde, les individus qui l’habitent et aussi, on l’oublie souvent, ceux qui le peupleront par la suite. Et en terme de conquête, les Hyrkaniens ont laissé derrière eux des cicatrices pour le moins… marquantes.
Celle que peut porter une femme Brythunienne un peu trop belle pour être épargnée, par exemple. Pourquoi s’en priver lorsque l’on est conquérant, après tout?
L’on me dira que cela aurait pu être pire. Elle aurait pu être emmenée pour finir en tant qu’esclave dans les contrées orientales. Ce n’est pas exceptionnel, pour une Brythunienne, après tout.
Comment ? Ah non, je ne parle pas de moi !
Moi, je suis le fruit de cela. Le résultat peu désiré et somme toute étrange de la rencontre sanglante de ces deux cultures.
Fût-ce un bien ou un mal, mais les Brythuniens exècrent à l’idée d’égorger des nouveaux-nés. Ma première chance, en somme.
Ma deuxième fut certainement ce que ce métissage m’apporta. Des cheveux d’un blond tirant sur le platine et des pupilles aux teintes d’acier, sur un visage aux inspirations orientales, aux pommettes hautes et aux yeux suffisamment bridés pour apporter une touche exotique harmonieuse.
Bien entendu, cela ne suffit pas à légitimer un enfant qui n’allait, de toute façon, jamais l’être aux yeux de quiconque. Un bâtard, d’autant plus suite à un viol… Ce n’est jamais bien vu.
Mais cela était suffisant pour en acquérir un bon prix auprès d’un marchand foncièrement visionnaire.
L’argument du bon prix était tout du moins celui qu’il m’avançait dès que je dépassait un tant soit peu les bornes, étant bien trop jeune pour me souvenir du jour de la transaction. J’étais une denrée, un objet qu’il comptait rentabiliser sur la durée. Mais cette vision ne le rendit pas cruel pour autant.
Il s’occupa de mon éducation, m’apprit à lire, compter, écrire et, surtout, à parler.
Non pas simplement à m’exprimer, mais à savoir quoi dire, comment, et à qui.
Jouer avec les mots, autant dans le ton que dans le verbe.
Rapidement, je fut son atout auprès de ses clients un tant soit peu réticents à déposer sur la table la monnaie ou les informations. Il s’était assuré à entretenir mon physique, et à mettre en valeur mes traits pour le moins atypiques. Non pas que l’on pu me qualifier de belle femme, mais d’aucun ne restait de marbre face à ce métissage que la guerre avait enfanté.
Passé mes vingts printemps, je connaissais la Brythunie en détail. Je n’étais pas l’égal de mon père d’adoption au sein de son affaire, mais sa confiance en moi était honnête et grandissante.
Puis il entreprit de descendre vers les terres méridionales. Les royaumes de Zamora et de Koth attisaient sa curiosité, et il voulait en voir les richesses de ses yeux.
Pour ma part, je n’aurai pu espérer de meilleur statut. Je ne manquais de rien, était toujours bien entourée et pouvait exercer l’art de la manipulation avec une liberté presque totale. Et pour couronner le tout, personne n’était mieux placée que moi pour reprendre l’affaire commerciale à la suite de mon tuteur.
Mais le glas de cette vie ô combien parfaite résonna aux portes de Khorshemish.
Lorsque ce riche prolétaire Kothien eu l’audace de croire qu’il pouvait m’acquérir.
Lorsqu’il cru bon de penser que je n’étais qu’un simple bien que le marchand que j’accompagnais allait vendre au plus offrant.
Lorsqu’il cru bon de penser que l’intimidation le ferait plier, une fois l’argument monétaire balayé d’un refus net.
Et lorsqu’il cru bon de décider de m’arracher par la force.
Il y parvint. Des contacts, il en avait, dans la capitale. Suffisamment pour me faire disparaître sans faire de vagues.
Quel malheur lui prit de croire qu’il n’aurait qu’à claquer des doigts pour avoir mes faveurs…
Elles ont un prix.
Une oreille et un oeil.
Qu’il bénisse que la force ne fut jamais mon crédo, car c’est sa carotide que j’aurai arraché de mes dents.
Je n’en serai pas là, à m’asphyxier en plein milieu d’un désert aride, si cette pourriture de Khotien n’avait pas voulu aller au bout des choses.
Me tuer? Ca serai trop simple. Des coups de fouet sur la place publique pour montrer l’exemple est bien plus satisfaisant.
Il voulait me briser. Réduire ma volonté en lambeaux. Me voir me décomposer à chaque claquement du cuir tressé sur mon échine. Mais il n’eut pas ce qu’il désirait.
Car c’est mon corps, au bout de ce qu’il supportait, qui me fit m’écrouler. Mais il n’eut pas mes supplications.
Je savais qu’il aurait ma vie. Et c’était déjà bien trop à mon goût pour lui donner davantage.
Et quand je vois où j’en suis, je commence à douter de l’utilité de hisser ma fierté aussi haut…

J’entend qu’on s’approche de moi. Je vais pour essayer une énième fois de m’extirper la tête du sable mais on m’attrape par les cheveux.
Je lâche un cri de douleur. On me traîne en bas de la dune. Je puise dans mes dernières forces pour me débattre, mais un coup de pied vif vient heurter ma mâchoire et m'étourdit brièvement. Le liquide ferreux qui remplit ma bouche la rend pâteuse lorsqu’il se mélange au sable. J’entend un mélange de voix, un dialecte Khotien qui m’est inconnu.
On me tire sur une armature solide en m'écartant les bras. Je reprend difficilement conscience, le coup au visage m’a sonné. On passe quelque chose à mon poignet, mais je ne sais pas quoi.
Un contact froid dans ma paume… Je tourne la tête, plisse les yeux et réalise que…
Ma main !
Je hurle lorsque le pieu la transperce, la clouant à l’étau de bois.
La douleur infâme me fait me débattre une ultime fois. Je n’en peux plus. Et pour la première fois, je supplie. Je les supplie de ne pas me faire ça.
Mais ils n’en font rien. Ils clouent ma deuxième main, et je fond en sanglots.
Ils passent un morceau de bois autour de mon cou. Je ne sais pas ce qu’il y est écrit. Je m’en fiche.
Car lorsqu’ils redressent la croix, lorsqu’ils me font toiser ce monde stérile du haut de ce cercueil en devenir, lorsque du haut de mon trépas je fixe l’horizon, une seule pensée m’assaille.
Qu’importe le prix, qu’importe la manière, qu’importe les victimes… Si les dieux m'épargnent une fois encore, alors les Hommes les supplieront de finir ce qu’ils n’ont su achever à cet instant.
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Aisum Sath

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Date d'inscription : 07/05/2018
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