Les carnets de Sanrangerel

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Les carnets de Sanrangerel

Message par Sanrangerel le Mar 23 Jan - 9:20



(texte entier, et pour plus de clarté)

     Ainsi, l'Aesir n'a pas menti. Je suis bien chez moi, entre ces murs de pierre qui me sont étrangés, sur ces tapis moelleux, parmi les trophées de chasse accrochés aux murs qui paraissent me surveiller à chaque pas. Le bureau a parlé : il est couvert de parchemins et de dossiers rédigés de ma main. L'écriture ne peut pas me tromper, il s'agit de la mienne. J'ai sans doute passé des heures derrière cette table, couchant sur le mauvais papier des lignes et des lignes d’hypothèses dont la plupart sont erronées. Comment n'ai-je pas pu remarqué mes erreurs ? Elles me sautent aux yeux lors de ma relecture, et je les corrige au fur et à mesure. Naturellement il n'existe pas d'antidote à l’élixir de Lotus noir, mais j'avais une solution pour m'en défaire en douceur. Mon esprit était il à ce point embrumé ?

J'ai une aversion naturelle pour toute substance altérant la perception, et pourtant, oui, il semble que je m'y sois adonnée au delà du raisonnable, buvant la coupe de la dépendance jusqu'à la lie. Pourquoi ? Je crains de ne jamais connaître cette réponse. Les personnes qui m'entourent ne cesse de me murmurer que mes souvenirs reviendront, comme un baume apaisant sur mes inquiétudes, mais ils ne savent pas comment l'esprit fonctionne. Il ne s'agit pas d'un choc, d'un point de pression qui à pu endommager ma tête, mais d'un phénomène plus grave, et plus rare. Depuis mon réveil, je m'auto diagnostique. J'ai visiblement voulu me sevrer sans l'aide de l'alchimie, et, comme ma cote cassé, du coté gauche, en témoigne, mon cœur n'a pas du le supporter. L'Aesir m'a sans doute ranimé, même si, sans l'aide d'une potion, je ne l'en crois pas capable. J'ai du prévoir, lui expliquer au préalable ce qui pouvait se passer. Durant le temps qu'il lui a fallu pour m'arracher des griffe de la mort, mon esprit a du commencer à rejoindre les ancêtres. J'ai vu des vieillards faire ce genre de crise, et souvent, après, il n'en reste que des coquilles vides. Moi, au moins, j'ai gardé tout mon savoir, même s'il m'est impossible de me rappeler d’où je le tiens. Mais une chose est sur : ce sont des lésions dont on ne guérit pas. SI j'ai raison, alors, je me suis trompée en croyant le reconnaître. J'ai seulement du ouvrir les yeux sur lui, avant de sombrer à nouveau dans la léthargie. Sigvard n'est pas plus important que les autres à mes yeux.

Un autre fait vient appuyer la théorie en faveur de la drogue : je n'ai pas retrouver de jeu d'aiguille Kithanne, or, l’acupuncture et l'acupression sont la base des soin que j'aime a prodiguer. Il s'agit d'une médecine douce, permettant de se passer de potion dans les cas ou elle est efficace, et d’après mes notes, ces terres manquent de certaines plantes essentielles à mes préparations. J'ai compilé beaucoup d'étude sur la végétation locale, et isolé les familles végétales selon leur bienfait. Je cherchais à calmer le tremblement de mes mains. Avec un tel effet, il m’apparaît évident qu'utiliser les aiguilles aurait été dangereux, voir criminel. Il suffit de se tromper d'un demi centimètre et on peut déclencher douleur, paralysie, et mort. J'ai somme toute été raisonnable dans ma déraison. Aujourd'hui, mes mains ne tremblent plus, et je ne vois pas de contre indication à pratiquer à nouveau la médecine Kithanne. Des que j'aurais mes aiguilles, je pourrais traiter mes troubles de l’appétit : encore un symptôme qui vient plaider en faveur de la théorie de la drogue. J'ai pourtant besoin de manger : j'ai peur lorsque je regarde mon reflet dans l'eau. Ma pâleur et ma maigreur sont effrayante, mais je ne garde aucune nourriture solide. J'avale des soupes, mais je vais me carencer si je ne consomme pas bientôt de la viande, et je n'ai pas la force de chasser.

Alors que je refais connaissance avec moi même, j'ai découvert un carnet particulier, auquel je confiais mes sentiments sur les personnes qui m'entourent. Je n'ai trouvé dans ces textes aucune empathie ou compassion, aucune douceur, juste l'expression d'une immense amertume. Quelle personne horrible ai-je été ? Puis-je mettre tout ce fiel sur le compte du miroir déformant de la drogue, ou est-ce réellement une partie de mon âme, pleine de noirceur, qui s'exprimait par mes mots ? Je vais brûler ce carnet, et redécouvrir les êtres, un à un. Je vais aussi, des à présent, m'astreindre à noter chaque fait, chaque pensée, afin que, si ma mémoire me trahissait à nouveau, je possède une base sur laquelle m'appuyer. Je me sens perdu, égarée, errant aveugle dans une forêt d'âme qui se battent pour avoir mon intérêt au risque de me déchirer pour gagner un bout de mon cœur. Il y a ce Ghalall qui me suit partout avec son regard de chien battu, attendant de moi que je me souvienne d'un serment, ou d'un sentiment, je ne sais pas vraiment. Il m’oppresse, et je culpabilise de ne pouvoir lui répondre comme il l’espère. Il me donne ce surnom ridicule, San, que je ne supporte pas. « San » ne veut rien dire ; Sanran, à la rigueur, m'est moins insupportable. Dois-je lui avouer que sa « San » est morte avec mes souvenirs ? Je n'en ai pas vraiment le courage. Je veux croire que le temps agira comme il faut.
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Message par Sanrangerel le Mer 24 Jan - 12:40




Ilkar


                             C'est l'ancien tavernier des trois rivières, que j'ai connu, même si je ne m'en souviens pas. Je n'ai pas encore eu beaucoup l'occasion de le fréquenter, mais j'ai déjà une opinion assez nette. Il se montre raffiné, et apprécie les plaisir de la vie, les vêtements de soie, le bon vin, la douceur des femmes. J'ai massé son dos, et j'ai pu constater une musculature fine mais bien présente, attestant que l'homme s'est déjà battu, et doit être capable de fournir une somme de travail importante.

Il aime tout savoir, et se délecte des ragots, mais je me méfie de ce coté dandy. Je crois surtout qu'il aime le tumulte, et se délecte des mésaventures des autres.

Fait notable : il a pris Saffira dans le bain, devant Ghalall et moi même, et à même offert à Ghalall de la partager. L'acte n'a pas duré longtemps. Je suis un peu déçue, j'aurais pensé un homme tel que lui meilleur amant. En tout cas, il s'affiche comme libertin.
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Re: Les carnets de Sanrangerel

Message par Sanrangerel le Ven 9 Fév - 12:14


(le texte viendra s'étoffer par la suite)
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Message par Sanrangerel le Ven 9 Fév - 12:15

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Re: Les carnets de Sanrangerel

Message par Sanrangerel le Mer 28 Fév - 14:03

Le cimmérien a fini par sombrer dans le sommeil. Ses blessures ne sont pas si grave, et il possède une constitution robuste, aussi, je ne doute pas qu'il guérisse vite. Ses révélations, par contre, me laissent perplexes, et il va sans dire que j'ai besoin de mettre les faits à plat, d'avoir une vue d'ensemble des événements, que ma mémoire défaillante ne m'a pas autorisé à avoir jusqu'à présent. On peut dire que j'ai très mal choisi le moment de me sevrer, mais à ma décharge, j'ignorais que j’étais en danger. J'ai réussi à comprendre le processus qui permet à mes souvenirs de s'écouler à nouveau dans ma mémoire, mais je ne crois pas avoir la temps de la recouvrer complètement. Pour la première fois de ma vie, j'ai été atteinte dans ma chair, j'ai pris conscience des limites de mon esprit, si brillant soit il, quand il s'agit d'assurer ma survie face à un sauvage frustre et manipulé, à l'intelligence limitée.

Je croyais qu'il me suffisait d'être utile, de leur fournir ce dont ils avaient besoin pour que cette bande de primate me fiche la paie, mais je n'avais pas pris en compte des variables bien humaines, comme la concupiscence, la folie, la jalousie. Je pensais que le danger proviendrait d'un homme affamé, blessé, d'une brute me trouvant à son goût. Il n'en est rien. Je dois aujourd'hui me battre contre les délires d'une danseuse zamoréenne à l’ego demeuré, une meurtrière jouant les séductrices, n'hésitant pas, elle, à offrir ses appâts pour ranger les gens à sa cause. Et si je n'ai pas vu venir le coup, c'est que les motivations de la rancune de cette fille n'ont aucun fondement logique.

Les faits sont là, et finalement, ils sont tous liés. Les maisons qui brûlent, les esclaves assassinés, les tentatives de cambriolage, tout se tient, et si je ne parvenais à le voir, c'est qu'il me manquait un élément important : le crime « zéro », le départ de cette série de malversation. C'est en parlant avec Borgvald que la lumière a jaillit. J'en suis tellement abasourdie que je n'arrive pas encore à réaliser. Toute cette avalanche de catastrophe n'aurait donc qu'un seul but ?

Tout à commencé, pour moi, avec l'incendie de la taverne des trois rivières. J'ignore qu'elle en a été le déclencheur, mais Mila y a fichu le feu et a voulu monter un stratagème pour me faire accuser. Pourquoi voulait elle déjà à l'époque se débarrasser de moi ? En quoi est-ce qu'elle me voit comme une menace ? Ma mémoire me fait défaut, mais ensuite, elle s'arrange pour venir roder à la taverne. Quand je m’aperçois qu'elle vole Ghalall, et qu'elle se fiche de lui, il est trop tard. Je vois enfler sa folie, son agressivité, je le vois assurer son emprise sur Sigvard à un point tel qu'il va m'être impossible de protéger l'Aesir, malgré les sentiments qu'il m'inspire.



Ensuite...Mila provoque Ankhti en déclarant qu'elle veut coucher avec Ameteseb, tue probablement sa danseuse, puis met le feu chez Valerio, Ilkar et Saffira. Elle retourne assez facilement Ilkar en lui faisant croire que je suis la criminelle, les aquiloniens en arguant qu'il n'y a aucune preuve contre elle, que je suis la seule à savoir fabriquer des explosifs. Mais Mila se procure la poudre de dragon la ou elle se fournit la drogue ; Sigvard m'a désigné l'homme qui pourvoit à ses besoin. Meraxes ne veut pas l'entendre, mais l'argossien n'est qu'un idiot qui se croit civilisé et supérieur, alors qu'il se fait berner et manipuler comme les autres. Personne ne veut croire Valerio et Estrellada quand ils affirment avoir vu cette personne de petite taille que le marchand de chair a reconnu comme étant Mila. Alors, j'ai besoin d'une autre preuve, dans l'optique ou je veux convaincre une assemblée de mon innocence, et de sa culpabilité.

Mais suis-je vraiment obligée de les convaincre ? J'ai abandonné beaucoup pour avoir la protection du Zingarien, et, jusqu'à présent, je me suis contentée d'être douce, gentille, et serviable, avec ce tas de criminels imbéciles. Peut-être est-ce à mon tour de pratiquer quelques frappes préventives, avant que la folie de Mila ne la pousse à s'attaquer à ceux de mon entourage qui ne m'ont pas encore fait défaut, même si cela implique quelques petites pertes collatérales. Après tout, il fallait pas choisir le camp du meurtre et de la folie, il ne fallait pas s'en prendre à une innocente à la mémoire défaillante, il ne fallait pas éveiller ma part d'ombre.
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